En France, de plus en plus de salariés cherchent à évoluer professionnellement sans pour autant rompre leur contrat de travail. Monter en compétences, se reconvertir, valider un nouveau diplôme… autant de projets souvent freinés par la peur de perdre la stabilité d’un CDI.
Depuis quelques années, un dispositif encore méconnu apporte une réponse concrète à ce dilemme : le CDI d’apprentissage.
Un cadre sécurisé pour apprendre autrement
Le principe est simple : un salarié déjà en CDI peut suspendre temporairement son contrat pour conclure un contrat d’apprentissage avec le même employeur, à condition que ce dernier donne son accord.
Pendant la période de formation — généralement d’une durée de 6 à 36 mois — le salarié devient apprenti. Son CDI est mis « en pause », mais reste juridiquement actif. À l’issue du parcours, il retrouve automatiquement son poste, enrichi de nouvelles compétences et d’un diplôme reconnu par l’État.
L’avantage est double :
- le salarié conserve un lien contractuel et une sécurité de l’emploi,
- l’entreprise bénéficie d’un collaborateur formé sur mesure, tout en profitant des aides financières liées à l’apprentissage.
Qui peut en bénéficier ?
Le CDI d’apprentissage s’adresse aux salariés âgés de 16 à 29 ans révolus. Certaines exceptions existent pour les travailleurs handicapés, les sportifs de haut niveau ou les porteurs de projet entrepreneurial nécessitant l’acquisition d’un diplôme spécifique.
Les formations éligibles couvrent un large éventail de certifications reconnues par l’État : titres professionnels, diplômes, formations inscrites au RNCP, du niveau CAP au Bac+5 selon les besoins et le projet professionnel.
Un financement pris en charge
Le financement est l’un des atouts majeurs du dispositif. Le coût de la formation est intégralement pris en charge par l’Opérateur de compétences (Opco) de l’entreprise.
De plus, le salarié perçoit une rémunération calculée sur la base d’un pourcentage du SMIC, variant selon son âge et son année de formation. Depuis la réforme de 2025, l’exonération de cotisations sociales s’applique jusqu’à 50 % du SMIC, rendant le salaire net souvent proche du brut.
Côté entreprise, l’État maintient une aide à l’embauche pouvant atteindre 6 000 euros, cumulable avec la prise en charge des frais pédagogiques.
Les démarches à suivre
La mise en place du CDI d’apprentissage repose sur trois étapes clés :
- Un avenant au contrat de travail, qui précise la suspension temporaire du CDI, la durée de la formation et le diplôme visé.
- La signature d’un contrat d’apprentissage (Cerfa n°10103) entre l’entreprise, le salarié et l’organisme de formation.
- La convention de formation, transmise à l’Opco pour validation et financement.
Ces démarches peuvent être accompagnées par l’organisme de formation, garantissant la conformité administrative et la cohérence du projet.
Un dispositif gagnant-gagnant
Pour les salariés, le CDI d’apprentissage représente une opportunité rare d’évolution professionnelle sans rupture de parcours. C’est une façon d’apprendre, d’expérimenter et de préparer une nouvelle étape de carrière tout en conservant la sécurité d’un emploi stable.
Pour les employeurs, c’est un levier de fidélisation et de montée en compétences interne, tout en répondant aux besoins de transformation des métiers.
Le CDI d’apprentissage illustre la nouvelle logique de la formation professionnelle : une approche souple, partenariale et orientée vers l’emploi durable.
Un pont entre la stabilité et l’ambition — là où la carrière devient, enfin, un espace de mouvement.
